QUESTIONS du n° 226 juin 2009

RAPPEL
Quand vous posez une question
- Donnez le maximum d'informations
- Utilisez les sigles généalogiques
- Faites une présentation claire
et surtout
citez avec précision les sources consultées

09-35 SAFFON (France, Guyana, 18e)
Mon ancêtre Jean François SAFFON s’établit en 1755 dans ce qui était alors la colonie hollandaise de Demerara.
On dit qu’il aurait quitté la France après avoir tué un de ses frères en duel. Il nomma sa plantation La Pénitence.
Plus tard son frère Pierre Louis Saffon le rejoignit et nomma sa plantation Le Repentir. Quand Pierre Louis mourut, il laissa par héritage un legs pour l’éducation d’orphelins en Guyana, fondation qui continue jusqu’à nos jours. Un monument a été érigé en son honneur à Georgetown.
Malheureusement, je n’ai pu à ce jour trouver l’origine en France de la famille Saffon, ni bien sûr confirmer la tradition du duel.

09-36 Jean-Silvy BIGARD et 1200 hommes de couleur au Venezuela (18e-19e)
« A la tête de douze cents hommes de couleur, qu'une injuste proscription a bannis de la Guadeloupe et de la Martinique, le mulâtre Bigar [Jean-Silvy BIGARD] vint s'établir dans la presqu'île de Paria : ces proscrits avaient conservé le caractère loyal et brave qui distingue partout les Français, et se sont conciliés l'estime de tous les partis »
Cf. p. 115 de : Dufey (Pierre-Joseph-Spiridon).- Abrégé de l’histoire des révolutions de l’Amérique méridionale. Tome II, Paris, Librairie d’Emler frères, 1827.
Une injuste proscription, mais encore ? Que s’était-il passé exactement ?
Sous la Restauration la marine de guerre intercepta sur l’islet à Fourchu un bâtiment commandé par un capitaine MORAS et transportant 8 nègres et négresses de 9 à 18 ans expédiés de Saint-Barthélemy à la Dominique par un sieur BIGARD. Ils furent conduits à la Guadeloupe.
Cf. pp. 241-2 du Bulletin des arrêts de la Cour de cassation rendus en matière criminelle. Tome XXXIV. Année 1829.- Paris : Impr. Royale, 1830.- 760 p.
Y avait-il un lien de parenté, voire identité, entre ce BIGARD et Jean-Silvy BIGARD ?

09-37 L’habitation des Frères Prêcheurs à Saint-Domingue (fin 18e)
A la fin du 18ème siècle, dans « Les Antiquités Nationales, tome I, le couvent des Jacobins », Louis Millin aurait accusé les Frères Prêcheurs ou Dominicains d’être riches et de posséder « une immense habitation à Saint Domingue »
Cf. p. 131 de : Plongeron (Bernard).- Les réguliers de Paris devant le serment constitutionnel : sens et conséquences d’une option 1789-1801 ; préf. de M. Marcel Reinhard.- Paris, J. Vrin, 1964 (Bibliothèque de la société d’histoire ecclésiastique de la France).
Saurait-on localiser cette habitation et identifier les propriétaires personnes physiques ?

09-38 Administration de la Martinique en 1819
Un anonyme accusa la haute administration de la Martinique d’avoir été impliquée dans le scandale des Mocos qui secoua l’île en 1817. Après la décision de retirer de la circulation ces monnaies espagnoles, les mocos, la frégate La Néréide avait quitté Rochefort le 3 février 1817 emportant 1,500 000 fr. La traversée avait duré 26 jours mais l’échange des pièces ne commença que le 14 avril et fit apparaître pour 7 500 000 fr de mocos. On avait multiplié les pièces de métal, on créa du papier-monnaie, etc.
L’auteur fait grief au gouvernement d’avoir « commis la faute impardonnable de laisser la plus grande partie des emplois entre les mains d'une seule famille, de la famille de l'intendant, de telle sorte qu'il n'y a plus de responsabilité, ni même de surveillance possible.
La répartition de ces emplois ne donne-t-elle pas sujet à de justes motifs de plaintes, lorsqu'on peut se convaincre que, par suite de la nomination de l'intendant sous l'administration duquel la catastrophe financière a éclaté ont été successivement nommés et maintenus
1° le directeur général des colonies au ministère de la marine, créole de la Martinique neveu de l'intendant
2° le commandant en second, gendre de la nièce de l'intendant
3° le trésorier, fils de la sœur de l'intendant
4° le directeur-général cousin de l’intendant
5° le directeur particulier à Fort-Royal, neveu par sa femme de l'intendant
6° le colonel du régiment de la Martinique, créole et cousin de l'intendant
7° enfin, beaucoup d'employés subalternes, presque tous ses parents ? »
Cf. pp. 341-2 de la Bibliothèque historique ou recueil de matériaux pour servir à l’histoire du temps […] Tome 11, Paris, Eymery, Pélicier, Delaunay, 1819.
Pouvons-nous confirmer ces liens de parenté ?

09-39 Chef d’administration anglaise, Guadeloupe (1812-1819)
Une publication de 1819 met en cause le chef de l’administration anglaise à la Guadeloupe à la fin de l’Empire :
« […] Son ancien chef d'administration anglaise fait jouer, tant à Paris que dans cette colonie, tous les ressorts de l'intrigue pour s'en faire nommer député.
Il a conservé dans cette île des correspondances suivies avec ses créatures qui sont encore dans les places où il les avait mises pendant son administration ; et au moyen des manœuvres qu'elles emploient en sa faveur, il veut avoir l'air de se faire demander par la colonie. On tremble qu'il ne réussisse, et on l'attendait même comme intendant à l'époque où M. Foulon arriva à la Guadeloupe en cette qualité.
Un seul trait, en faisant connaître cet homme, expliquera les craintes et les répugnances des colons.
En 1812, au moment où on apprit le désastre de Moscou, M. D. voulut faire célébrer par un Te Deum solennel la destruction de trois cent mille de ses compatriotes.
L'amiral Cochrane, alors gouverneur, lui remontra en vain l'inconvenance d'une pareille cérémonie dans une colonie française ; le chef d'administration n'en tint compte. Pour assurer le succès de son dessein, il se garda bien de le rendre public ; et un dimanche, après l'office divin où assistait toute la population de l'île, il fit entonner un Te Deum impromptu.
A peine les habitants s'aperçurent de cette trahison, qu'ils se précipitèrent hors de l'église avec des cris d'indignation; et M. D. y resta seul avec quelques Français comme lui. Cet événement faillit exciter un soulèvement dans l'île.
C'est ce même homme qui intrigue aujourd'hui pour être député de la Guadeloupe ; c'est lui qui sera peut-être à Paris le représentant des intérêts de la colonie. Il n'est personne qui ne sente par cet exemple combien il est urgent de placer les colons sous un régime plus supportable ; et surtout de leur assurer la faculté de n'avoir pour député que des hommes de leur choix […] »
Cf. pp. 188-189 de la Bibliothèque historique ou recueil de matériaux pour servir à l’histoire du temps […], Tome 10, Paris, E. Eymery, Delaunay, Pélicier, Lecointe et Durey, 1819.
Saurions-nous identifier cet administrateur ?


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Révision 04/06/2009